Le marché immobilier du Grand Montréal au printemps 2026 : ce que les chiffres révèlent vraiment
- Soumia Fakhar

- 1 avr.
- 2 min de lecture
On entend souvent deux discours opposés : « le marché s'effondre » ou « c'est encore le bon moment d'acheter ». La vérité, comme toujours, est plus nuancée — et beaucoup plus locale.
Chaque printemps, le marché immobilier du Grand Montréal reprend de l'élan. Mais 2026 arrive avec un contexte particulier : après deux années d'activité soutenue, les données officielles de l'APCIQ indiquent une transition douce vers un rythme plus équilibré. Ce n'est pas un ralentissement dramatique — c'est une normalisation. Et pour bien naviguer dans ce nouveau décor, il faut comprendre ce que les chiffres disent vraiment.
Ce que les données de début 2026 nous apprennent
3 930
Transactions en fév. 2026 dans la RMR
615 000 $
Prix médian unifamiliale (+4 % en jan.)
428 000 $
Prix médian copropriété (+2 % en jan.)
En février 2026, les transactions ont légèrement reculé par rapport à l'an dernier, mais les prix, eux, continuent de progresser. L'unifamiliale reste la propriété la plus sous pression : peu de stock disponible, demande familiale soutenue, délai de vente raccourci à environ 50 jours. Le marché ne dort pas — il sélectionne.
Montréal, Laval, Rive-Nord : trois réalités distinctes
L'une des erreurs les plus courantes est de parler du « marché de Montréal » comme d'un bloc monolithique. En pratique, chaque secteur a sa propre dynamique.
L'Île de Montréal : seul secteur où les ventes sont restées stables en février. La copropriété y voit son offre remonter, ce qui donne un peu plus de marge de manœuvre aux acheteurs — surtout dans le neuf.
Laval et la Rive-Nord : le marché de l'unifamiliale y reste extrêmement serré. L'inventaire disponible est insuffisant pour répondre à une demande familiale toujours forte, ce qui soutient les prix.
La Rive-Sud : les plex y affichent une vitalité remarquable, confirmant l'attrait croissant de ce type de propriété comme outil d'investissement.
La surenchère : moins systématique, mais pas disparue
Une des bonnes nouvelles de 2026 : la surenchère systématique qui caractérisait les années pandémiques s'atténue progressivement. Les acheteurs ont un peu plus de temps pour décider. Cela dit, pour les propriétés bien positionnées en prix et en condition, les offres multiples restent une réalité — particulièrement en unifamiliale dans les couronnes.
Ce que ça signifie concrètement : Que vous achetiez ou vendiez, une stratégie réfléchie vaut aujourd'hui plus que jamais. Le marché récompense désormais la préparation plutôt que la seule urgence.
2026 : une année de décisions stratégiques
Les économistes de l'APCIQ décrivent 2026 comme une phase de « transition » — ni effervescence, ni repli marqué. Les taux hypothécaires, stabilisés bien en dessous de leurs sommets de 2023, redonnent de la prévisibilité aux ménages. C'est une fenêtre intéressante, particulièrement pour les acheteurs sérieux qui ont patiemment attendu de meilleures conditions.
Mon regard de courtière : J'accompagne mes clients sur Montréal, Laval, la Rive-Nord et la Rive-Sud depuis plusieurs années. Ce que je constate sur le terrain correspond aux données : le marché se segmente. Une bonne propriété, bien évaluée et bien présentée, se vend encore bien. Une propriété surévaluée ou mal préparée attend. Plus que jamais, l'accompagnement d'un professionnel fait la différence.

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